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Faire une place aux minorités culturelles pour cultiver chez nous le vivre-ensemble

Lettre ouverte

Mardis vivre ensembleLe 11 septembre dernier, le quatrième Mardi du vivre-ensemble du collectif Coexister au Saguenay-Lac-Saint-Jean, tenu à l’Appartement bar ambiance de Chicoutimi, a réuni près de 40 personnes désireuses d’identifier des enjeux communs à prendre en compte dans la campagne électorale pour cultiver le vivre-ensemble.

Après les contributions des trois panélistes, Carine Blenny (Ambassade boréale), Marie Fall (UQAC et Coexister) et Alexandre Cloutier (député sortant de Lac-Saint-Jean), les personnes présentes ont longuement échangé pour en arriver à définir quatre grands enjeux qui ne sont pas suffisamment présents dans les propositions et dans les débats.

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Marie Fall, Carine Blenny et Alexandre Cloutirer, les trois panélistes. (Photo: Christian Bélanger)

Si la première préoccupation évoquée est celle de l’emploi, le constat est que ce thème semble largement instrumentalisé au service des lignes partisanes. Le Québec étant actuellement en rareté de main-d’œuvre voire de pénurie en certains secteurs, il est vrai que les entreprises sont plus disposées à regarder du côté des nouveaux arrivants pour combler leurs besoins. Pourtant, un récent sondage au niveau provincial a montré qu’une majorité d’entrepreneurs préfère embaucher localement, rémunérer davantage leurs employés ou retarder leur retraite plutôt que de s’ouvrir aux minorités culturelles, mêmes si elles sont mieux qualifiées. Nous voyons dans cette situation une occasion supplémentaire de sensibiliser les employeurs à la richesse de la diversité et à des pratiques de gestion plus inclusives en soutenant les organismes s’y dévouent déjà. Nous souhaitons favoriser une nouvelle appréciation de la main d’œuvre aux noms et aux accents inhabituels, mais dont l’apport a déjà été fortement confirmé dans les milieux où l’accompagnement et les mesures d’intégration en emploi ont été appliquées.

Pour demeurer dans le thème de la sensibilisation, plusieurs remarques ont porté sur le fait qu’une majorité de la population régionale demeure distante face aux immigrants, comme c’est encore le cas pour les autochtones, et parfois même peu ouverte à leur faire une place honorable dans son voisinage et dans ses relations d’amitié. Pourtant, plus on accepte d’entrer en relation en s’ouvrant à la diversité et plus la fréquentation des gens de cultures et d’origines variées nous enrichit personnellement et collectivement. En effet, les nouveaux arrivants sont doués de qualités et de talents qu’ils mettent généreusement à contribution dans leur nouvel environnement lorsque les conditions cela rendent possible. Il importe donc d’encourager et de soutenir les initiatives et les actions qui favorisent la rencontre et le vivre-ensemble dans un esprit de mutualité.

41501557_735864720117206_7691848538040303616_oUne troisième préoccupation concerne le déficit d’immigration. Nous ne disposons pas encore de grands moyens pour faire valoir le Saguenay-Lac-Saint-Jean auprès des personnes qui pourraient trouver avantage à s’y installer. Et pourtant nous avons une combinaison unique d’attractions naturelles (fjord, lacs, forêt), sociales (identité régionale, hospitalité) et économiques (agriculture, industries, énergie, savoir, etc.). Nous avons besoin d’initiatives axées sur la promotion de notre région afin d’offrir une image plus fidèle à nos capacités d’accueil et d’ouverture à la différence.

Enfin, une dernière préoccupation évoquée concerne l’isolement des groupes et des instances qui ont pour vocation d’accueillir et d’offrir des services aux personnes immigrantes dans la région. Chaque groupe ou organisme fonctionne le plus souvent en vase clos, avec sa mission et ses services. Plus que jamais, une véritable concertation des efforts devrait être encouragée grâce à un leadership assumé. Certaines structures de concertation pourraient être réhabilitées et adaptées de manière à mieux répondre au défi d’être ensemble partenaires et complémentaires dans l’objectif de faire de notre région un milieu de vie favorable à toute personne et à toute famille qui veut en faire son lieu de vie permanent.

41543129_735852003451811_2147851610733150208_nBien sûr, il y a d’autres aspects qui pourraient s’ajouter à ces préoccupations. Nous souhaitons que la population ne reste pas insensible au potentiel de l’immigration pour enrichir culturellement et économiquement notre région et qu’elle interpelle en ce sens les personnes qui sont au cœur des présentes élections.

Ont signé :

Christian Bélanger

Hélène Blackburn

Mélanie Bouchard

Marilyn Brassard

Anne-Marie Chapleau

Isabelle Dallaire

Claude Dumais

Marie Fall

Pierre Forest

André Fortin

France Fortin

Jocelyn Girard

Patrice Imbeau

Andrée Larouche

Luc Lévesque

Carlos Olivas

Sylvie Pedneault

Mylène Renaud

Douglas Schroeder-Tabah

Şükran Tipi

Manon Tremblay

Emmanuel Trotobas

Agathe Vaillancourt

Stephen Whitney

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Pour information: Christian Bélanger, coordonnateur de Coexister au SLSJ: 418-543-5419

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Liberté pour tous, vraiment?

Une obscure « Coalition canadienne de citoyens préoccupés » annonce que se tiendra dans plusieurs villes du Canada, dont Saguenay et Alma, une « Marche pour la liberté, la paix et la justice » le 4 mars 2017. Sous couvert de vouloir « protéger notre démocratie et notre liberté d’expression », cette organisation voudrait priver certains citoyens de droits fondamentaux*.

Les personnes qui participeront à cette manifestation du 4 mars pourraient ne pas se rendre compte que celle-ci implique des fondements philosophiques et politiques qui visent l’exclusion plutôt que l’intégration, une liberté partiale plutôt que réellement pour tous et toutes.

En effet, il est désormais connu que des groupes extrémistes, comme La Meute, encouragent la participation de leurs membres à cette marche. Ces promoteurs n’ont pas caché leur intention de profiter de cette marche pour mettre de l’avant leur agenda. Qu’ils le veulent ou non, il leur est difficile de cacher le caractère xénophobe et la confrontation identitaire qui sont au cœur de leur action qui se drape de pacifisme et de bonne moralité.

Nous comprenons que des gens de la région puissent se sentir « préoccupés » par ce qui se passe actuellement dans le monde. Les nombreux attentats qui sont survenus dans plusieurs pays et chez nous ne peuvent qu’entretenir la crainte que la violence se perpétue. Mais par-delà la légitimité de réfléchir à des solutions et d’agir, à tous les niveaux, il importe avant tout de ne pas chercher à envenimer les choses par des gestes et des attitudes qui peuvent finir par cibler une communauté en particulier, notamment les musulmans.

Le traitement qui est fait de cette polémique par certains médias et sa récupération politique risquent d’engendrer une spirale d’intolérance. L’islam, à l’instar de toutes les religions, n’est que ce que les hommes en font ; nos concitoyens musulmans ne constituent pas plus une mine de terroristes que les prêtres catholiques ne forment un club de pédophiles…

Comme des milliers d’entre nous avons pu le constater lors des cérémonies qui ont suivi l’attentat de Québec, nos compatriotes musulmans sont attachés au Canada et au Québec. Il s’agit de leurs lieux d’appartenance et de vie où ils se comportent convenablement, respectant les lois et contribuant positivement au progrès social et économique, tout comme la majorité des autres citoyens.

En tant que Canadiens et Québécois, ceux-ci ont les mêmes droits fondamentaux enchâssés dans nos chartes : la liberté de pensée, de conscience et de religion ainsi que la liberté de manifester leur religion tant en public qu’en privé (cf. Déclaration universelle des Droits de l’Homme).

En ce qui nous concerne, notre conviction repose sur une autre approche qui vise le rapprochement et la compréhension mutuelle, car l’unique voie d’avenir pacifique réside dans la recherche d’un vivre-ensemble respectueux et fraternel que seul le véritable désir de rencontres interculturelles et interreligieuses peut apporter.

Ont signé : Marie Fall, Lise Garon, Jocelyn Girard, Jayanta Guha, Luc Lévesque, Douglas Schroeder-Tabah, Jocelyne Simard, Souad Taha, membres du Collectif Coexister au Saguenay-Lac-St-Jean et les sympathisants suivants : Sabrina Adam, Christian Bélanger, Martine Boivin, Pierre Cardinal, Anne-Marie Chapleau, Éric Dubois, France Fortin, Lise Gagné, Louise Grand’Maison, Andrée Larouche, Fatou Marone Diouf

* On peut lire les visées de ce groupe sur sa page Facebook : https://www.facebook.com/pg/CanadianCCC/about/?ref=page_internal